Histoires du jour

Un peu plus loin sur la droire

Depuis plusieurs semaines je vais me promener l’après-midi en prenant un des deux petits chemins qui partent au coin de la maison. En prenant celui qui va vers la mairie je rencontre à gauche la jument et l'ânesse de mon voisin André et un percheron splendide dont je ne connais pas le propriétaire dans la parcelle à côté. Un peu plus loin sur la droite il y a 2 poneys qui m'ont toujours eu l'air de s'ennuyer à mourir. Ils vont d'un carré de champ étroit à un autre. Ils sont manifestement bien nourris mais ils ont du imaginer une autre vie : galoper dans une prairie, goûter de l'herbe fraîche, lutiner la copine et montrer sa force aux copains. C’était vers le 15 octobre. Je pars pour ma ballade habituelle et j’arrive à mis parcours sous le châtaigner qui aidé par le vent essaye de m’assommer avec ses châtaignes. Redevenu chasseur cueilleur je remplis mes poches de châtaignes en maugréant contre les bogues qui me piquent les doigts sans douceur. Derrière moi, de l’autre côté du chemin la jument et l’ânesse me regardent attentivement. Comment rester insensible à ces regards ? Je comprends donc le message muet et je tends à Châtaigne (et oui l’ânesse s’appelle Châtaigne) une première châtaigne et j’en lance une à la jument qui se tient un peu derrière. Manifestement j’avais bien compris le message. Le percheron accourt pour profiter de l’aubaine mais il a du mal à trouver les châtaignes que je lui lance. Les jours suivants je suis vite repéré dès que j’emprunte le chemin et on m’attend impatiemment au coin de la barrière du champ. Malheureusement la récolte de châtaignes ne peut pas durer tout l’hiver. Mais je suis attendu chaque jour et des regards lourds de reproche m’accompagnent quand je poursuis mon chemin sans rien donner. J’ai donc du m’adapter, trouver une solution de remplacement à la distribution des châtaignes car je sentais bien une certaine déception m’accueillir quand j’arrivais à la barrière habituelle.
Il y a bien trois semaines maintenant je suis parti avec un petit seau et j'ai ramassé des pommes sous le pommier de mes voisins et amis anglais, les Burrows qui ne viennent en France que quelques fois par an. Muni de ma provision de pommes je fais une première distribution à la jument et à l'ânesse puis au percheron qui est dans une parcelle voisine de la jument. C'est un jeune percheron, immense mais d'une grande élégance quand il vient vers moi au galop. Tout ce petit monde adore les pommes. Les premiers temps je n'allais pas voir les poneys, sachant le propriétaire assez grognon. Et puis mes trois amis, la jument, l'ânesse et le percheron ont changé d'herbage et depuis plus de 15 jours je ne les vois plus. Je vais donc distribuer mes pommes aux poneys, le propriétaire ayant la bonne idée de rester au chaud chez lui.
Il est inutile de vous dire que je suis repéré de loin. Dans quelques semaines il n'y aura plus de pommes à ramasser. Pas la peine de faire croire aux poneys que je viens avec des pommes. Il va falloir que je prenne l'autre chemin, celui qui passe au pied du chêne à Léo et qui rejoint la départementale. Je ne vous ai pas encore parlé du chêne à Léo ? Ce sera une de mes prochaines histoires du quotidien.
 

Châtaigne

récolte chataignes

Percheron

Jument